
Binswanger décrit ainsi d'une manière purement phénoménologique la structure du vécu psychique de Cécile Münch, une mélancolique dont il fait mention dans le livre nommé ci-haut. Ce qu'il veut dire est simple : l'individu mélancolique s'imagine diverses possibilités qui auraient pu s'être produites dans un passé quelconque. Toutefois, la faculté de faire surgir de telles possibilités devrait naturellement servir pour les actes futurs. Évidemment, il est impossible de modifier les instants passés, alors pourquoi s'entêter à vouloir changer ce qui est désormais disparu ? Tel que l'affirme Binswinger, celui qui songe sans cesse à des possibilités tournées vers le passé cessera tout bonnement de considérer l'avenir. Ainsi, le mélancolique ne peut que stagner en raison de sa pusillanimité. Ce n'est pas tout, car en plus de délaisser l'avenir, il considère le présent comme vide, dénué de tout intérêt... Il est noyé dans ses souvenirs qui s'entrechoquent continuellement parmi les vaines possibilités auxquelles il songe...
Bref, je découvre la pensée de ce psychiatre-phénoménologue que fut Binswinger, et je souhaite en faire part ici. J'avoue avoir beaucoup d'intérêt pour la phénoménologie, même si je n'y adhère pas totalement. Une théorie phénoménologique de la mélancolie (et de la manie) ne peut donc qu'attiser ma curiosité.