samedi 20 mars 2010

Projet musical...

Hier, j'ai transformé mon salon en « studio d'enregistrement ». En fait, j'ai sorti mon vieil ordinateur poussiéreux de la garde-robe où il était rangé depuis longtemps, de même qu'une carte de son externe Presonus Firebox que je me suis procurée il y a près de trois ans. La qualité du son est plus ou moins médiocre, mais c'est amplement suffisant lorsqu'il s'agit d'expérimenter afin d'avoir une idée d'ensemble d'une composition musicale. J'ai donc pris la peine de faire quelques enregistrements (guitare, clavier et voix), à l'exception de la percussion, que j'ai composée à l'aide du logiciel Guitar Pro.
La chanson que j'ai enregistrée hier se trouve ici, sur la page de mon projet musical, qui se nomme tout simplement Exvagus. J'espère un jour pouvoir enregistrer quelque chose de meilleure qualité, mais pour l'instant, je préfère mettre mes efforts ailleurs.

jeudi 18 mars 2010

Sion Sono et le metal noir...


Depuis déjà quelques années, un ouvrage, qui a par ailleurs fait sourire certaines de mes connaissances, en plus d'avoir suscité quelques interrogations chez d'autres, repose dans ma bibliothèque aux côtés de mes autres livres de grand format. Il s'agit de Lords of Chaos, qui relate les divers événements qui entourent la naissance du mouvement et de la musique dite "black metal". L'ouvrage commence en faisant référence aux nombreuses influences qui ont poussé de jeunes musiciens à créer une musique où l'atmosphère est des plus sombres et glaciales. Des groupes tels que Black Sabbath, Mercyful Fate, Venom ou encore Slayer ont en quelque sorte forgé l'imagerie diabolique qui caractérise l'ensemble du black metal.
Or, c'est en Norvège, avec des groupes tels que Mayhem ou encore Burzum, que ce genre de metal a officiellement pris naissance. Mais à cette époque, le black metal n'était pas seulement un style de musique, puisque les membres de ce mouvement se sont livrés à de nombreux crimes : certains d'entre eux se sont amusés à incendier des églises de bois, tandis que d'autres ont été à l'écoute de leurs désirs meurtriers... C'est ainsi que Varg Vikerness, unique membre du groupe Burzum, projet solo basé sur l'univers de Tolkien, a été incarcéré durant plus de 16 ans pour avoir assassiné Øystein Aarseth, alias Euronymous, guitariste du groupe Mayhem. L'homme fut libéré en mai 2009, et s'est mis aussitôt à composer un album, qui est d'ailleurs sorti le 8 mars dernier, donc il y a seulement une semaine et demie. Et pour l'avoir écouté déjà quelques fois, il plaira à coup sûr aux amateurs de metal noir...


Toutefois, mon but en écrivant ce billet n'est pas de raconter l'histoire du black metal, puisque je laisse cette honneur au réalisateur japonais Sion Sono, qui a réalisé entre autres Suicide Club (2002) et Love Exposure (2008), ce dernier film ayant par ailleurs été présenté au dernier festival Fantasia. En effet, dès le printemps prochain, il adaptera l'ouvrage Lords of Chaos au cinéma, et le plus surprenant est que Varg Vikerness sera joué par une vedette de la série Twilight, soit Jackson Rathbone.
Je suis pour ma part ravi qu'un cinéaste tel que Sion Sono, que j'apprécie tout particulièrement, s'intéresse à l'histoire du metal norvégien au point de souhaiter en faire un film. Car je ne peux le cacher : le black metal m'a fortement influencé depuis plus de dix ans dans mes goûts musicaux et artistiques. Même si je me suis quelque peu détaché de ce genre musical plus ou moins extrême depuis longtemps afin de m'ouvrir à bien d'autres formes d'art, c'est avec grand intérêt que je visionnerai ce prochain film de Sono.

mercredi 10 février 2010

Les sept jours du Talion


Hier, puisque j'avais un peu de temps libre, j'en ai profité pour aller voir Les sept jours du Talion, dernière adaptation d'un roman de Sénécal, après Sur le seuil et 5150, rue des Ormes. C'est l'histoire d'un père qui souhaite venger sa fille, violée et assassinée brutalement par un homme qui sera arrêté par la police quelques heures seulement après la réalisation du crime. Pour ce faire, il forge un plan afin de capturer le criminel, et une fois en sa présence, s'enferme avec ce dernier dans une demeure rustique au fond d'un bois, dans l'intention ferme de le torturer sur une période d'une semaine. Et tout au long du film, son esprit vengeur demeure fidèle à la fameuse Loi du Talion...
Je précise d'abord que je n'ai pas lu le roman, et qu'il m'est difficile de comparer le film à celui-ci. Je sais toutefois que dans le livre, le récit se déroule du point de vue du personnage principal, et que pour cette raison, une adaptation cinématographique n'était pas chose évidente. Claude Legault, dans le rôle du père, devait donc exprimer les sentiments de son personnage d'une manière purement physique, et de ce côté, chapeau ! Car son jeu d'acteur est des plus réussis. Son regard est rempli de haine, et ses traits expriment manifestement un désir insatiable de vengeance. Et que dire de la performance de Martin Dubreuil, si ce n'est qu'il joue le rôle du pédophile avec un réalisme étonnant...
Le film se caractérise également par une absence totale de musique, ce qui n'en rend l'ambiance que plus troublante. La cruauté est crue, et n'est soutenue par aucune trame musicale qui pourrait suggérer des émotions aux auditeurs. Seuls les cris du torturé et le bruit des coups et autres tortures tiennent lieu de trame sonore, ce qui crée une atmosphère noire, très noire, au point où il est difficile de ne pas faiblir à la vue des actes vengeurs du père. Surtout que le début du film est assez bouleversant, et que le reste ne fait que prolonger le sentiment de malaise qui nous est suggéré jusqu'à la fin.


Par contre, Les sept jours du Talion comporte de nombreuses longueurs, comme si l'on voulait déranger l'esprit des auditeurs par le biais de scènes fixes et silencieuses. Si tel est le cas, l'effet n'est pas toujours des plus convaincants. De plus, une scène m'a particulièrement fait rire en raison de son caractère cliché : le père qui voit sa fille... C'est selon moi une bien triste mode que de constamment insérer des « retrouvailles-touchantes-purement-illusoires » complètement ridicules entre un personnage et un proche décédé. Ça ne fait que gâcher l'élan d'une histoire tellement ce genre de scènes est absurde et presque toujours mal rendu visuellement.
Mais si Les sept jours du Talion n'est pas parfait (existe-il seulement un film parfait dans l'histoire du cinéma ?), ça reste un bon divertissement qui comporte de nombreux éléments qui en valent le coup. Je le conseille donc à ceux qui apprécient les sujets noirs et réalistes. Et je suppose qu'il sera davantage intéressant pour ceux qui ont déjà lu le roman.

lundi 8 février 2010

L'univers sinueux d'Acquefacques


Je n'ai pas écrit une seule ligne ici depuis plusieurs semaines. La raison est simple : le temps me manque, et je préfère mettre l'accent sur ce que je privilégie, au détriment de ce blogue que je n'ai d'ailleurs aucunement abandonné. J'en profite néanmoins pour faire une critique d'une bande dessinée qui m'a été conseillée par des amis, que je remercie pour la découverte.
Depuis mon enfance, époque où je me livrais quotidiennement aux lectures de bandes dessinées telles que Tintin, Astérix ou encore Boule et Bill, je n'ai pratiquement lu aucune BD, et c'est seulement à ce jour (tard, j'en conviens) que je m'aperçois qu'il en existe d'excellentes, plus sombres, avec des idées originales et dignes d'intérêt qui ne peuvent être réalisées que dans un tel format. C'est du moins l'impression que m'a laissée L'Origine (1990) de Marc-Antoine Mathieu, premier tome d'une série qui relate les aventures de Julius Conrentin Acquefacques. L'histoire commence lorsque ce dernier, un employé du Ministère de l’Humour qui ne se démarque en rien des autres employés, reçoit un jour une enveloppe, à l’intérieur de laquelle il découvre une page de bande dessinée qui raconte sa propre histoire – une page de L’Origine, la bande dessinée en question dans ce billet (!). C’est alors que Julius prend conscience de sa propre aventure par le biais de pages qu’on lui envoie mystérieusement…
Le monde dans lequel évolue Acquefacques est sorti tout droit de l’univers des romans de Franz Kafka. Le nom de ce personnage n’est en effet que l’envers de « Kafka », et l’humour s’avère aussi absurde que celui que l’on retrouve par exemple dans Le château. De plus, les décors dans lesquels l’histoire se déroule ressemblent grandement à ceux qui caractérisent le film Brazil du réalisateur Terry Gilliam. L’atmosphère est noire, grotesque, et les personnages semblent à première vue complètement illogiques.
Quant à l’histoire, l’idée centrale, bien qu’elle soit simple, est d’une originalité toute particulière, puisqu’elle amène une réflexion sur la création artistique en elle-même. L’Origine consiste en une mise en abîme qui se prolonge à l’infini, et où le temps joue un rôle particulier, compte tenu le personnage qui s’observe lui-même dans le passé et le futur par l’entremise de pages qui racontent sa propre aventure, laquelle se déroule à l’instant même où il la lit. Et que dire de la fameuse « anti-case », dont je ne révélerai pas le mystère ici ? L’Origine est donc une bande dessinée qui en vaut grandement le coup, tant pour l’originalité des idées qui s’y trouvent que pour l’esthétique et l’atmosphère absurde qui s’en dégage. La lecture du premier tome m'a donné envie de continuer la série, et de considérer de plus près l'univers de la BD. Le Naufragé de Memoria m'a d'ailleurs été conseillé. Ce sera probablement dans mes prochaines lectures...


vendredi 18 décembre 2009

Les Mystères d'Udolphe

Après la mort de son père, Émilie Saint-Aubert est placée sous la tutelle de sa tante, Mme Chéron, femme orgueilleuse et bornée qui empêchera sa nièce d'épouser l'homme qu'elle aime. Car, bien qu'il soit de caractère noble, Valancourt ne possède aucune richesse, ce qui déplaît à la tante d'Émilie. Mme Chéron épousera par la suite Montoni, un brigand caché sous le masque d'un gentilhomme. Émilie, qui sera contrainte de quitter Valancourt, et sa tante seront dès lors enfermées par Montoni dans le château d'Udolphe, bâtiment lugubre à l'architecture gothique où semblent se produire des événements mystérieux...
Les Mystères d'Udolphe, publié en 1794, a influencé nombre d'écrivains, notamment Balzac et Hugo. C'est en effet l'un des premiers romans gothiques à avoir vu le jour dans l'histoire de la littérature. La plume élégante d'Ann Radcliffe rend à merveille l'effet fantastique présent tout au long du livre. Il est seulement dommage que tout finisse par être expliqué de façon rationnelle, ce qui n'enlève rien à l'atmosphère noire qui se dégage de l'histoire.
L'œuvre de Radcliffe souffre toutefois d'une moralité un peu trop poussée. S'il est vrai que les valeurs véhiculées dans Les Mystères d'Udolphe étaient le propre du XVIIIe siècle, elles sont de nos jours assez vieillottes, et il est difficile de ne pas se sentir exaspéré des décisions d'Émilie, qui se met elle-même dans des situations ennuyeuses. Mais l'esthétique et l'élégance compensent fortement ces défauts, puisque c'est du côté de la forme et de l'ambiance que l'intérêt des Mystères d'Udolphe se situe.
Comment ne pas se laisser submerger par l'image que nous avons de l'énorme château gothique, isolé dans les hautes cimes des montagnes, entouré d'une forêt lugubre qui dessinent des ombres inquiétantes le jour et la nuit ? Bref, c'est une lecture que je recommande pour les curieux qui ont le temps de lire un roman de près de 900 pages, car il est toujours intéressant de se plonger de temps à autre dans les classiques entre deux lectures plus contemporaines
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jeudi 10 décembre 2009

Quelques secrets...


Jonathan Reynolds m'a récemment décerné un prix pour mon blogue. Afin de le remercier (tardivement, j'en conviens), je révélerai sept choses plus ou moins secrètes sur moi.

1) Je joue de la guitare depuis dix ans mois pour mois, puisque j'ai commencé à en jouer en décembre 1999, à l'âge de 15 ans. J'ai ensuite fait partie d'un groupe de black metal, de même que d'un groupe de rock québécois.

2) De plus, je pratique le piano depuis environ sept ou huit ans, principalement du classique.

3) Depuis toujours, je déteste dormir. J'ai tendance à me coucher très tard et à me lever très tôt, et pour souhaiter aller au lit, j'ai besoin de me sentir épuisé.

4) J'étudie la philosophie, mais je préfère de loin les arts. Allez savoir pourquoi...

5) J'ai un petit lézard nommé Héraclite. C'est un dragon barbu, ce qui justifie pourquoi je l'ai nommé du nom d'un philosophe qui concevait la substance première du monde comme le feu.

6) Quand je vais dans une librairie, je dois faire de grands efforts pour ne pas sortir avec une dizaine de livres. Je n'ai qu'à penser à la pile qui m'attend à l'appartement pour sortir de là au plus sacrant.

7) Je suis un caféïnomane invétéré. Quand j'écris, j'ai besoin qu'il y ait près de moi une grande tasse de café chaud.

Voilà mes sept révélations !

mercredi 9 décembre 2009

L'art du temps

Voici un extrait de ma nouvelle L'art du temps, qui sera d'ailleurs ma première fiction publiée. Elle paraîtra dans le prochain numéro de Brins d'éternité.

"Devant un café encore fumant, je discutais de mes projets de voyage avec mon collègue, le professeur Yume, lorsque nous entendîmes un rire exalté, qui provenait du corridor attenant à la cafétéria dans laquelle nous nous trouvions. L’homme qui riait aux éclats s’approchait de plus en plus, marchant d’un pas lourd et bruyant.
Le professeur Nisteen apparut dans l’embrasure de la porte ; il était dans un état de fébrilité si intense que ses bras, levés vers le haut, remuaient comme s’il eût remercié une force divine qui lui serait venue en aide. Cependant, il n’en était rien, puisqu’il affirmait souvent son athéisme, non sans grande fierté. Il cessa enfin de rire, reprit son souffle, essuya ses yeux humides sur la manche de sa chemise, et nous adressa la parole.
– J’ai trouvé la loi universelle ! dit-il, la voix enrouée par l’émotion. Le grand mystère qui a donné tant de peines à de nombreux chercheurs et scientifiques ; le principe à la base du mouvement ; ce qui lie la cause et son effet ! La… La…
Le professeur respirait avec difficulté, et dut reprendre plusieurs fois ses mots avant de réussir à transmettre clairement le fond de sa pensée
– La loi universelle… Je suis le premier à connaître la formule mathématique de cette règle générale qui régit la totalité de l’Univers !"