mardi 13 janvier 2009

Dialogue absurde I

Il est parfois tentant de se séparer soi-même afin d'observer les confrontations que produiraient nos propres personnalités paradoxales si elles se trouvaient isolées les unes des autres. Ainsi, il serait intéressant d'assister à des débats entre le réaliste (à ne pas prendre dans le sens que la philosophie médiévale donne à ce terme), le rêveur et le fou. Cela va de pair avec l'instant qui ne cesse de se déchirer dans l'ailleurs et le nulle part. Voilà que je possède deux adversaires : un vagabond et un fou...

David – Qui es-tu, étrange individu ?
Exvagus – Je suis un errant, celui qui adhère aux choses humaines et qui voyage à travers le temps, aussi bien dans le passé historique que dans l'avenir incertain. Toi, qui es-tu ? Tu me sembles un vilain personnage...
David – Je ne suis qu'un être existant, un cynique qui fuit l'illusion et se moque de la culture.
Exvagus – Voilà donc ! Tu es ainsi une pauvre bête malheureuse qui ne connais aucunement les merveilles de la raison ?
David – Je les connais certes, mais je les conçois comme ce qu'elles sont : des symboles vides, puisque la culture n'est qu'illusion, et l'histoire un mythe.
Le Fou – Blasphème ! Il n'y a rien de plus vrai que les mots, de plus véritable que l'Histoire ainsi que ce qui découle de la Raison et de l'Esprit !
Exvagus – Que dis-tu, le Fou ? Tu crois que la culture est vérité ? N'est-elle au contraire qu'illusion?... Pauvre de moi... Il est certain que j'adhère à la société humaine de même qu'aux arts, mais je n'y trouve aucune vérités, et guère plus de mensonges... Qui de vous deux dit vrai ? Je ne saurais que penser à propos de la vérité – du concept même de vérité !
David – C'est parce que ta vie n'est qu'un paradoxe, Exvagus. Tu vis dans l'instant et le nulle part, ce qui conduit vers l'ailleurs... Quant à moi, je ne suis qu'une chose qui pense, tel que l'affirmait Descartes – une vulgaire bête selon tes mots !
Le Fou – Vous êtes tous deux fautifs. Vous devez croire en l'humanité, adhérer entièrement à ses lois et principes tout en niant votre nature qui n'est que barbarie !
Exvagus – Tais-toi le fou ! Je ne supporte déjà plus ton fanatisme... Il faudrait d'abord discuter tout en argumentant afin de mieux saisir qui d'entre nous a raison.
David – Je ne pourrais mieux dire !

dimanche 11 janvier 2009

La vérité : l'ennemi du philosophe


Le philosophe est-il un chercheur de vérités ? Il est avant tout un être qui aime apprendre, un penseur qui s'amuse à élargir sans cesse son bagage de mots et de symboles. Autrement dit, c'est un ami de la sagesse, soit quelqu'un qui apprécie les divers savoirs. Qu'en est-il de la vérité ? De prime abord, elle n'a rien à voir avec la philosophie, puisque le philosophe s'interroge et cherche des réponses sans toutefois s'arrêter sur l'unes d'entre elles. Il est possible de penser aux sceptiques, qui doutaient de tout, de même qu'aux cyniques, qui se moquaient sans cesse des valeurs humaines. Je n'oublie pas Socrate, qui s'affirmait ignorant à propos de bien des choses... Alors pourquoi plusieurs philosophes ont-ils écrit des oeuvres dans lesquelles des systèmes supposément "vrais" – du moins "certains" – ont été exposés ? Le dogmatisme foisonne dans l'histoire de la philosophie. Les oeuvres de plusieurs philosophes notoires sont remplies de prétentions à une ou plusieurs vérités, ce qui fait d'eux d'incontestables mystiques.

Là où il y a questionnement, il y a philosophie, et celle-ci s'arrête lorsque des réponses sont mises de l'avant. Si un examen approfondi serait élaboré à l'égard des oeuvres reconnues de l'histoire de la philosophie dans le but de les démystifier, il n'y en aurait que très peu d'épargnées aux yeux d'un sceptique ! Il est certain que plusieurs penseurs ont écrit selon les valeurs de leur époque, et cela peut leur être pardonné, mais les penseurs contemporains qui tombent dans le piège de l'occultisme ne peuvent qu'apparaître ridicules...

mercredi 31 décembre 2008

Le flux de la vie

L'erreur, l'ignorance, la naïveté, l'immaturité, la dépendance, etc., font partie de l'histoire d'une vie, et il n'y a aucune honte à reconnaître cela. Sans eux, le devenir serait impossible ; du moins au niveau de la connaissance et de l'ailleurs. Tous les orgueilleux, ceux qui refusent de montrer aux autres leurs faiblesses, ne peuvent que stagner, et ainsi ne rechercher que le fixe, l'immobile... Les gens aux tendances tyranniques, les êtres trop moraux et dotés d'une extrême sévérité, font preuve d'un aveuglement volontaire vis-à-vis leurs faiblesses. Au contraire, lorsque l'être humain admet ses échecs, il ne peut que souhaiter en retirer quelque chose, une connaissance, une forme d'adaptation qui conduit à une flexibilité de l'esprit à l'égard du cours de l'existence, une forme de complexité ouverte aux changements, au flux de la vie, qui est naturellement instable et conflictuelle. Celui qui reconnaît ses erreurs cherche à comprendre comment faire face aux obstacles, et fait ainsi naître en lui maintes idées et possibilités qui permettent de suivre en toute tranquillité le cours du temps, au risque de chuter plus rapidement.

mardi 30 décembre 2008

Le paradoxe de l'ici et de l'ailleurs

Les êtres humains sont parfois sujets à des circonstances malheureuses : pertes, oublis, maladies, accidents... Pourtant, ces événements inattendus se produisent ; des malheurs surviennent et freinent les projets de tel ou tel individu. C'est le paradoxe entre l'instant et l'ailleurs, la nature confrontée à la culture. L'être humain est d'abord et avant tout un être naturel, qui vit dans l'instant, soit dans le hic et nunc (l'ici et le maintenant). Toutefois, il camoufle la nature derrière la culture en donnant au monde naturel une interprétation humaine. Autrement dit, son esprit se fourvoie dans les symboles, puisqu'il couvre la réalité d'un voile symbolique et idéel ; il oublit l'existence du monde naturel dénué d'humanité. La nature demeure néanmoins présente, mais la culture – qui est par ailleurs soutenue par la nature dont elle est née – se présente seule aux yeux de l'être humain, qui ne vise ainsi que l'idéal. Alors que la nature est pourvue d'accidents, de conflits et de chaos, ce dernier n'espère que le parfait, l'idéal, bref l'irréel. Lorsque la nature empiète sur la culture, ou que la culture se montre enfin dans toute sa nature, cela surprend...
Et nous l'acceptons difficilement...

dimanche 28 décembre 2008

Zarathoustra 2000

En ce creux du temps des fêtes, Noël étant passé alors que l'an 2009 approche à grands pas, j'en profite pour retravailler et corriger les nouvelles dont j'ai fait mention dans le message précédent. Voici un léger aperçu de ma nouvelle Zarathoustra 2000 :

« Wergan atteignit enfin la cime du grand mont, enivré à l’idée qu’il allait enfin découvrir le mystère derrière ces innombrables disparitions. À sa grande surprise, il ne trouva au sommet qu’un petit temple camouflé derrière les feuillages, une sorte de périptère qui ressemblait beaucoup au Parthénon en version miniature.
Alors qu’il considérait sa découverte, une voix provenant de l’intérieur du temple l’interpella et lui dit : " Bonjour mon enfant ! ". Un homme à la démarche légèrement féminine et vêtu à la manière d’un prêtre sortit du petit bâtiment. Il avait d’épais sourcils qui ombrageaient ses yeux fous et profonds, mais ce qui frappa particulièrement Wergan, c’était l’énorme moustache tombante qui ornait le visage de l’individu et qui recouvrait sa bouche en entier. »

dimanche 23 novembre 2008

Cet automne...

...malgré les cours et les travaux scolaires qui prennent beaucoup de mon temps, j’ai écrit deux courtes nouvelles. La première consiste en une parodie de la philosophie nietzschéenne, que je compte bien proposer à la revue Biscuit Chinois pour le thème « moustache ». Quant à la seconde nouvelle, c’est une petite fiction philosophique à propos de la loi « universelle », loi mystérieuse qui a suscité d’innombrables interrogations chez certains penseurs et philosophes comme David Hume, qui affirmait l’impossibilité de connaître l’essence de ce qui relie une cause et son effet. Il ne reste plus qu’à corriger et retravailler le tout, ce que je ferai bientôt lorsque j’aurai un peu plus de temps.

vendredi 26 septembre 2008

Extrait de ma nouvelle "Entre les branches"

Voici un extrait de ma dernière nouvelle intitulée Entre les branches :
« L’Arbre, un grand saule pleureur avec qui je vivais depuis toujours, était la principale source de mon malheur. J’ignorais beaucoup de chose à son égard, celui-ci préférant demeurer laconique et silencieux. En outre, l’aspect revêche et renfrogné de son visage me terrifiait, ce qui ne me donnait aucunement envie de communiquer avec lui. Les branchages, qui plafonnaient et emmuraient l’asile à l’intérieur duquel je me trouvais, servaient de remparts, m’isolant du monde extérieur qui représentait pour moi une menace, selon ce que l’Arbre m’avait répété au cours de mon éducation. Son tronc s’élevait au centre, et ses feuilles surplombaient l’espace au-dessus de moi, tombant mollement jusqu’au sol, comme si elles représentaient les larmes d’un être abattu et désenchanté par l’existence.
J’étais incapable de grimper l’Arbre jusqu’à son sommet. Limité à une certaine hauteur qui m’obligeait à demeurer sous les feuilles, je ne devais pas voir le ciel. Lorsque je n’obéissais pas aux ordres du saule pleureur, des racines qui saillaient du sol me flagellaient en guise de punition. Je n’osais pas résister, malgré le fait que je comprenais de plus en plus la tromperie qui m’aveuglait... »